Journée Mondiale Tuberculose 2021

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Le Bénin, à l’instar de la Communauté internationale a célébré le mercredi 24 mars 2021, la Journée Mondiale contre la Tuberculose. L’évènement de ce 24 mars est à sa 26ème édition. Il a été célébré au plan national au Centre National Hospitalier Universitaire de Pneumo-Phtisiologie Lazaret à Cotonou (CNHU – PPC).

« Le temps presse. Il faut agir vite pour atteindre les objectifs de lutte contre la tuberculose ». C’est autour de ce thème que s’est déroulée le mercredi 24 mars 2021, la 26ème édition de la Journée Mondiale contre la Tuberculose au (CNHU – PPC), le Coordonnateur du Programme National contre la Tuberculose (PNT), Professeur  Dissou AFFOLABI, dans son mot de bienvenue s’est réjoui de  l’opportunité  qu’offre l’OMS  en dédiant  une journée à la lutte antituberculeuse. Il a insisté sur la  nécessité de chacun à  s’investir davantage sur  cette maladie en cette période   de la pandémie de la Covid 19, je cite :« Nous devons donc plus que par le passé nous investir pour lutter efficacement contre le fléau tuberculeux. C’est pourquoi la célébration de la 26ème édition de la Journée Mondiale contre la Tuberculose nous offre l’occasion de mobiliser la communauté nationale, mais également la communauté internationale autour des défis actuels de la lutte contre la tuberculose dans notre pays », a-t-il déclaré. Pour sa part, le Représentant résident de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au Bénin, le Dr Mamoudou Harouna DJINGAREY, a fait savoir que cette journée rappelle les nombreuses pertes de bras valides qui impactent négativement le développement de notre pays malgré l’existence d’interventions efficaces de lutte. Au nom de l’OMS, il a invité les gouvernements, les populations et le personnel de santé à unir leurs forces pour intensifier la riposte à la tuberculose et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte. En prenant la parole le Président de l’Association des Anciens Patients Tuberculeux du Bénin (ASSAP – TB/Bénin) a tenu à remercier le PNT pour l’effort consentit ces dernières années. Il soulignait dans son allocution que le PNT à lui seul ne peut éradiquer la tuberculose, car les déterminants de  la tuberculose se trouvent dans d’autres secteurs non sanitaires. En procédant au lancement de la journée, le représentant du Ministre de la Santé, le docteur Salami LIAMIDI, a rappelé quelques actions menées par le Bénin et les statistiques y afférentes. Il s’agit entre autres, d’un taux de succès thérapeutique de 89% pour la cohorte de 2019 soit une hausse de 2 points par rapport à la cohorte précédente ; d’une régression de 9% du nombre de cas de tuberculose toutes formes confondues dépistées en 2020 par rapport à 2019;  d’un  bon taux de  dépistage VIH : 99% des patients tuberculeux testés pour le VIH dont 14%  séropositifs ; du taux de décès élevé, soit 7% parmi les tuberculeux de façon générale, et 17% parmi les co-infectés du VIH etc. Pour finir, il a invité les uns et les autres à faire face aux nouveaux défis  pour maintenir  les performances acquises par le programme.

Dépistage de la Tuberculose et de la coïnfection TB/VIH

Le dépistage et le diagnostic de la tuberculose

Méthodes de dépistage : 

La méthode qui offre les meilleures perspectives de rendement en nombre de cas dépistés est l’examen des malades qui se présentent spontanément à une formation sanitaire en raison d’une toux durant depuis plus de trois semaines. D’autres symptômes accompagnent souvent la toux : expectoration teintée de sang, douleurs thoraciques, fièvre, sueurs nocturnes, amaigrissement, etc.. 
D’où l’intérêt de diffuser les informations permettant d’assurer une meilleure connaissance de la part de la population – et des professionnels de santé – de l’importance de consulter pour des symptômes respiratoires durables (toux). 
Les autres méthodes peuvent être intéressantes mais elles sont beaucoup moins performantes : 

  • examen des sujets-contacts symptomatiques vivant au foyer des tuberculeux bacillifères,
  • examen bactériologique des malades qui ont subi un examen radiologique thoracique pour une raison quelconque, et dont l’image pulmonaire montre une lésion dont on suspecte l’étiologie tuberculeuse.

Diagnostic de la tuberculose :
L’examen bactériologique de l’expectoration

L’examen bactériologique positif de l’expectoration est le seul moyen d’affirmer un diagnostic de tuberculose pulmonaire. 
Chaque fois qu’une tuberculose est suspectée, trois échantillons de crachat au moins doivent être prélevés (dont un nécessairement au réveil) et envoyés pour examen direct au microscope.

Les trois échantillons seront prélevés en 2 jours de la manière suivante :

  • première entrevue avec le malade: un échantillon est prélevé immédiatement sur place après un effort de toux et un raclement de la gorge,sous la surveillance d’une personne du service ;
  • un récipient est donné au malade pour qu’il recueille un échantillon le lendemain au réveil ;
  • à la seconde entrevue, celle‑ci ayant lieu le jour suivant, un troisième échantillon est émis sur place. 
    Si le premier échantillon est positif à l’examen direct et si le malade ne se présente pas à la seconde entrevue, on doit le rechercher immédiatement pour éviter la propagation de l’infection dans la population.

Le diagnostic radiologique

Le diagnostic radiologique de la tuberculose n’est pas sûr car plusieurs autres maladies pulmonaires présentent la même apparence aux rayons X et la tuberculose pulmonaire peut prendre de nombreuses formes d’anomalie radiologique.

Nous devons souligner que la radiologie n’apporte pas la certitude d’une tuberculose cliniquement active. La recherche de BK dans l’expectoration doit être systématique même devant des images très évocatrices. Les formes pulmonaires à bacilloscopies négatives et à image radiologique suspecte sont de diagnostic difficile et sont du ressort exclusif du médecin.

Le diagnostic de tuberculose chez les enfants

Il faut essayer d’obtenir une expectoration aussi de la part des enfants mais c’est difficile et elle est souvent négative. Par ailleurs les formes extrapulmonaires sont plus fréquentes que les pulmonaires chez les moins de cinq ans.

Le diagnostic repose principalement sur les symptômes et signes cliniques, la radiographie, la notion de contact avec un tuberculeux dans la famille et la positivité du test tuberculinique. Le diagnostic ne peut être fait que par un médecin.

Le diagnostic de tuberculose extrapulmonaire

La tuberculose peut atteindre tous les autres organes, en particulier les ganglions, la plèvre, le système nerveux (méningite tuberculeuse), les os notamment la colonne vertébrale (mal de Pott).

La symptomatologie dépend des organes atteints et le diagnostic de ces formes extra-pulmonaires nécessite des examens complémentaires spécifiques.

Problèmes diagnostiques de la tuberculose associée au VIH

La tuberculose pulmonaire se présente en général chez le sujet séropositif de la même manière que chez le séronégatif. Les bacilloscopies sont en général positives, mais la richesse bacillaire est souvent plus faible ce qui exige plus d’attention lors de l’examen bacilloscopique.

Lorsque les défenses immunitaires sont très affaiblies, la tuberculose se présente plus fréquemment sous une forme extrapulmonaire touchant notamment les ganglions et/ou les séreuses :

     Adénopathies

  • Adénopathies périphériques
    • ganglions asymétriques (>3 cm)
    • plus Fièvre ≥ 38°C ou sueurs profuses >2 semaines
  • Adénopathies viscérales
    • ganglions médiastinaux, hilaires ou abdominaux
    • plus Fièvre ≥38°C ou sueurs profuses >2 semaines

     Epanchement séreux

  • Pleurésie lymphocytaire
  • Péricardites fébriles
  • Ascite lymphocytaire fébrile

Les formes disséminées sont de diagnostic difficile car le tableau clinique est confus, associant altération grave de l’état général, perte de poids importante et fièvre. Le pronostic vital est en jeu.

Chez un sujet séropositif, il est nécessaire de toujours penser à la tuberculose devant tout symptôme suspect : toux, fièvre, amaigrissement, …

Définition d’un cas de tuberculose nécessitant un traitement dans le cadre du PNT

Tuberculose pulmonaire à microscopie positive (TPM+)

  • deux frottis de crachats ou plus montrant des Bacilles acido-alcoolo résistants (BAAR) ou
  • un frottis de crachat positif pour les BAAR plus une anomalie radiographique compatible avec une tuberculose pulmonaire active selon un médecin ou
  • un frottis de crachat positif pour les BAAR plus une culture positive pour M. tuberculosis.

Tuberculose pulmonaire à microscopie négative (TPM-)

  • sujet suspect de tuberculose pulmonaire ayant 3 recherches de BK négatives,
  • ce sujet est mis sous traitement antibiotique non spécifique pendant deux semaines,
  • la symptomatologie ne s’améliore pas et 3 nouvelles recherches de BK sont négatives,
  • le médecin décide sur des arguments cliniques et radiologiques de traiter ce patient pour tuberculose pulmonaire à microscopie négative.
  •  

Exception: chez les jeunes enfants, la preuve bactériologique de la tuberculose pulmonaire est plus rare ; le diagnostic est souvent fait sur la base d’une image radiologique évocatrice en concordance avec les signes pathologiques et une notion de contact. Toutefois, il est recommandé d’examiner les sécrétions bronchiques par la microscopie chaque fois que possible chez l’enfant suspect de présenter une tuberculose.

Tuberculose extra-pulmonaire

C’est un sujet présentant des signes cliniques évoquant une forme de tuberculose extra-pulmonaire dont le diagnostic est posé par un médecin. Dans certains cas, il est possible d’obtenir une confirmation bactériologique et/ou histologique.

Dépistage du VIH/SIDA chez les tuberculeux

On proposera systématiquement un test de dépistage du VIH à tout malade déclaré tuberculeux. Selon les recommandations actuelles du Programme National de lutte contre le SIDA (PNLS), un test rapide est effectué après counseling ; en cas de positivité, il doit être confirmé par un deuxième test rapide différent du premier ou par une autre technique.

En vue de la prise en charge du VIH/SIDA, d’autres examens seront effectués pour faire le bilan de l’infection à VIH en fonction de leur disponibilité : dosage des CD4, charge virale, …